Elle n'était pas des plus jolies, Caro. Sans doute pas des plus appréciée des enfants. A dire vrai, cela faisait longtemps qu'elle attendait dans sa boîte en carton, toujours installée sur le même rayon de grand magasin. Et on lui passait devant sans même la regarder. Des fois, quelqu'un prenait la boîte dans ses mains, donnant un peu d'espoir à Caro. Mais en voyant une plus belle, cette personne ne tardait pas à la reposer. Et puis un jour, Caro en a eu assez. Elle a déchiré ses liens de satin, a ouvert délicatement sa prison de carton et s'est enfuie du grand magasin pour vivre un peu. Elle s'est perdue dans la ville, l'audacieuse, et une enfant l'a trouvée, l'a conservée et la choyée. Au final, elle était bien plus aimée et se sentait bien mieux dans sa peau que ses jolies congénères. Au fond, Caro n'avait pas besoin d'être aimée de tous; elle se complaira d'être la plus aimée d'une seule personne.




